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20 février 2013

J’aime Brigitte Fontaine.

Classé dans : Non classé — chaloca @ 20 h 43 min

J’aime Brigitte Fontaine.

 

J’ai un livre de Brigitte Fontaine.

Je marche dans les rues d’Aix en lisant ce livre.

Je lis sur le bord d’une fontaine le livre de Brigitte Fontaine.

Le Livre de Brigitte Fontaine tombe dans la Fontaine. C’est une mise en abîme.

Je plonge ma main pour le repêcher. Il est rescapé.

J’aime Brigitte Fontaine parce que « je suis CONNE et que tout le monde est CON, parce que j’ai ratée ma vie ».

J’aime Brigitte Fontaine et « Je vous encule avec mes ailes de libellules » !

J’aime Brigitte Fontaine. C’est pour ça que j’ai plongée ma mains dans le bassin de la Fontaine. Car lire Brigitte Fontaine me fais du bien.

 

Je suis décadente et j’aime l’incandescence. J’aime l’indécence, l’insoumission et la désobéissance. J’aime le vif, le brut, le laid, le gris. J’aime la fumée, la cendre et l’eau. J’aime le ciel et la rose pourpre. J’aime les joues poudrées rosées et les lèvres peintes. J’aime l’alcool et le vin. J’aime la douceur, la chaleur, et l’odeur du pain grillé le matin.

 

J’aime Brigitte Fontaine car elle émane les saveurs des men odeurs visuelles.

Parce qu’elle est la seule à chanter :

« Ah, que la vie est belle.
Soudain, elle éblouit,
Comme un battement d’ailes
D’oiseau de paradis.

 

Ah, que la vie est belle,
Quelquefois pour un rien,
La divine immortelle,
Dans le mal et le bien. »

 

J’aime Brigitte Fontaine.

3000 Km

Classé dans : Non classé — chaloca @ 13 h 01 min

3000 km à parcourir. Parcourir avant d’arriver sur la ligne. La ligne ou je vacillerais. Je vacillerais quand je me retournerais. Me retournerais vers ce que j’ai fait. J’ai fait un vertige de ma vie. Ma vie qui chaque jour s’agrandit. S’agrandit de sa richesse et se perce. Se perce et perds ses pièces. Ces pièces de métaux mou. Mou qui se modèle, ce démantèle. Démantèle ma chair. Ma chair ferme se ramollit. Ramollit le sang de mes veines. Mes veines qui raconte le fleuve de ma vie. Ma vie qui dans 3000 km sera la vie d’une autre. Une autre fille qui sera moi. Moi qui étais ne sera plus. Plus deviendra celle que je serais.

 

Dépouille

Classé dans : Non classé — chaloca @ 13 h 00 min

Dépouille.

Enlève, retire, défile. Défile ton corps au grès du temps. Souligne les traces, les traits, les rides. Regarde derrière les yeux des gens.Qu’est ce que tu y vois ?

La dépouille est imperceptible.

L’esprit barre la vue. Toute psychologie nous oblige à être faux. Faux avec nous même. On oubli le sens, les sensations le remplace. Les sentiments nous mouillent, nous coulent, ne nous dépouillent pas. A vif, tu veux mettre ta peau, pour voir ce qu’il y a dessous. Le dessous de la carte. Ou chaque tracé est la marque de ton cheminement. Des couches de masque se superposent. Déforme tes joues, efface les faux plis, qui te façonne au quotidien. Comment se croire ? Comme ce que l’on vit est loin de ce que l’on dit.

Je me souviens de cette femme que j’admirais. Elle était pour moi la force et le charisme incarné. Juste et salvatrice, elle savait écouter, aider, accompagner sur les beaux chemins. Tous, se tournait vers elle au moments les plus raide de leur vie. Ses conseils ont fondés des vies, relancé des souffles… Cette femme était une icône, elle était belle. La personne que j’admirais le plus au monde . Jusqu’au jour ou j’ai vu sa peau à vif. Une peau nécrosé, de petite fille égarée. Un arbre qui n’avait plus de tronc, ou les branches flottait et tombaient au premier coup de vent. J’avais vu ses failles, ses faiblesse. Ce roc était redevenu sable, poussière. Mon cœur à lâché quand cette femme, qui me pleurait dans les bras comme une petite fille qui ne connaissait plus le chemin pour rentrer à la maison. Ma tête plongea dans l’eau, pour en ressortir glace. Dorénavant je devais remplacer cette femme qui s’était perdu, ou plutôt qui s’était montré nu. Se grain de sable me força à devenir roc, colonne, pour porter son cœur jusqu’à ce que le temps reconstitue son visage.

Personnes n’est plus ni moins. On est tout et rien. La vie qui rit de nous, en nous collant des masque finira tôt ou tard par se taire. En attendant j’aimerais me dépouiller pour ne plus rien avoir à perdre.

Un verre d’Orangina

Classé dans : Non classé — chaloca @ 12 h 56 min

Enfant, je me souviens de Toto, un voisin au vélo qui habitait quelques pâtées de maisons plus loin.

Il avait l’habitude de toujours descendre au village (à Nogaro) en bicyclette. Et Souvent il s’arrêtait à son retour pour venir boire un verre. Et lorsqu’on lui demandait qu’est-ce qu’il voulait boire, il répondait toujours « de l’Orangina ». Je me souviens que dès fois maman achetait exprès de l’Orangina au cas ou Toto s’arrêterait boire un petit coup. Et je me rappelle aussi d’avoir souvent suggéré à ma mère d’en acheter, pour l’heureuse visite de ce Toto. C’était un personnage! Je me souviens lui, avec son fort accent de campagne et le dos légèrement courbé. Il portait souvent une casquette, et l’idée que ce vieux monsieur, même « petit vieux », puisse boire de l’Orangina m’amusais beaucoup. Je trouvais ça presque anachronique, car de mes yeux d’enfants l’orangina et toutes sorte de sodas était une boisson de jeunes. Mais cela est sans doute du au fait que autour de moi les adultes, ne buvait pas ce genre de boisson. A cette époque le voisinage semblait plus présent.. les gens se fréquentaient, sans pour autant être liés de profonde amitié. La vie sociale « allez de soi », c’était simple et commun, c’était un mode de vie.

C’est ce que j’aime de cette époque. Les gens pouvaient venir chez nous sans téléphoner avant pour avertir de leur visite. Ils passait et trouvaient ou non quelqu’un, mais le mot « visite » avait tout son sens. C’était souvent une surprise et une bonne surprise. De mes yeux d’enfants j’adorais quand quelqu’un s’arrêtait à la maison. Dès que j’entendais le(s) chien(s) aboyer, mon cœur s’accélérait et je me mettais à courir dans la maison pour avertir ma mère : « Maman, il y a quelqu’un !!!! » Ensuite je « z’yeutais » par la fenêtre ou la porte vitrée de l’entrée pour voir qui était la. Et si je connaissais la personne, je me ruée dehors pour l’accueillir. Des fois il y a certaine personne que je ne souhaitais pas voir, alors je restais cachée dans ma chambre. En général lorsque ce n’était pas des amis Maman ne m’appelais pas, elle ne me forçait pas à venir dire bonjour.

Aujourd’hui, plus grand monde ne passe. Je sais que je ne vis plus à la maison avec mes parents, mais je vois bien que ce n’est plus la même époque. Toto est décédé, les gens ont vieillit, les enfants ont grandit, les amis sont partit vivre ailleurs. Les gens passent moins qu’avant à l’improviste. En général il est coutume d’appeler avant de rendre visite à quelqu’un. La visite devient alors presque un rdv. Puis les gens ne viennent plus simplement, pour papoter et prendre des nouvelles. Maintenant pour donner et prendre des nouvelles on s’envoie un mail, ou on se passe un coup de téléphone. Le téléphone et les mails sont illimitée. Le virtuel est pratique pour faire semblant d’être présent à toute épreuve. Ça évite de se montrer sous un mauvais jours. C’est impersonnel, in placide, froid et lâche. Et pourtant recevoir un mail qui donne des nouvelles ça fait plaisir, ou un coup de téléphone. Ça nous relie à la personne le temps de quelque minutes. Mais ça ne remplacera jamais le fait de se voir entre quatre yeux. Ce qui se joue n’est pas pareil, l’endroit émotionnel non plus. Le mode à distance nous incite plus à porter des masques, a cacher son état intime. Cela nous paraît moins éprouvant, puisque il nous est difficile de se montrer, tenir la face, alors que nous somme au plus bas à l’intérieur de nous même. Par mail ou par téléphone on a l’impression que c’est plus facile. Mais c’est tout le contraire. C’est vraiment plus compliqué et l’énergie qu’on déploie pour donner le change, plus la solitude qui nous habite (puisque on est loin de l’autre personne) est à mon sens terriblement plus lourde à encaisser. Et puis c’est le rapport à l’éphémère qui me dérange. Tout ce qui est de l’ordre des support de communication via le virtuel, nous mène dans un endroit de communication poubelle. Tout ce qui sera dit, même de la plus haute importance, disparaît dans le flot des données et disparaît avec son support. Le téléphone reste qu’une voix qui s’inscrit dans un temps déterminé, et le mail une page virtuelle qui se noie dans une boîtes aux lettres surchargée. Ce n’est pas pareil que de recevoir une lettre de papier par courrier ou un échange partagé dans un même endroit en chair et en os. D’ailleurs, c’est très agréable de recevoir une lettre par la poste et puis ce genre de lettre de reste pas dans « une boite aux lettre », comme un mail, on l’a ramène dans notre maison. Et puis il y a une trace de ce courrier, une présence. On le range quelque part et retombons dessus par hasard quelques années plus tard, et relisons la lettre. Elle s’inscrit dans le temps et demeure présente de manière quasi définitive. Comme le moment de vie que l’on aura eu grâce à la visite d’un ami restera gravé dans notre mémoire. La présence du souvenir nous habiterait toute notre vie.

Ce n’est pas comparable. Pourtant cela est bien différent aujourd’hui et ces moments simple et vrai de vie devienne rare et précieux… J’aimais l’époque ou Toto le voisin s’arrêtait en vélo boire un verre d’Orangina.

 

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